A LA GLOIRE DE NOMINO

A LA GLOIRE DE NOMINOË

Il faut s'arrêter devant cette figure. Nos vieux saints du VI ème siècle avaient fondé le peuple breton du continent. Sans eux les émigrés venus de la Grande Bretagne ne seraient jamais parvenus à s'implanter solidement sur le sol armoricain. Mais ce peuple restait divisé, coupé en tronçons, en nombre de tribus et de principautés, qui allaient s'émiettant de plus en plus et devaient forcément avec le temps, se trouver absorbés par la grande monarchie carolingienne dont l'énorme envergure, la serre puissante, les pressait et les enveloppait de toute part.

De ce peuple sans cohésion, éparpillé, prêt à tomber en poussière, miné par l'unité de commandement et la création de la monarchie bretonne, fit un corps unique, un faisceau solidement lié, une Nation organisée avec un seul coeur et une seule tête, capable de combiner un effort puissant et unanime pour défendre, contre toute attaque, sa vie et sa liberté.

Les vieux saints avaient fondé le peuple breton : Nominoë l'a constitué en Nation, assurant ainsi pour de longs siècles son existence, son indépendance, la persistance et le développement de son génie et de son caractère national. Sans lui, sous les coups redoublés des Carolingiens, puis des Normands, la Bretagne continentale eut sombré, disparu aux IX et X ème siècles comme disparurent vers la même époque dans l'île de Bretagne les Bretons de Strat-Cluyd et du Cornwall.

Voilà l'immense service que Nominoë a rendu à la Bretagne, aux Bretons de tous les temps ; car si nous-mêmes aujourd'hui pouvons nous parer de ce nom, c'est à lui que nous le devons. Sans lui depuis bien longtemps il n'y aurait plus de Bretagne, ni de Bretons. Quand on regarde les moyens qu'il a mis en oeuvre, on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, ou la longue et difficile mais très efficace préparation menée par lui avec une habileté et une patience sans pareilles, ou l'exécution rapide, résolue et foudroyante.Quinze ans de préparation (826 à 841), puis l?exécution enlevée en quatre campagnes (843, 844, 845, 850) ou pour mieux dire d'un seul coup dans la prestigieuse bataille de Ballon, où l'on voit Nominoë, après avoir refait à loisir la force de la Bretagne, la tenant toute entière dans sa main, la lancer d'un bras puissant comme une avalanche sur l'immense armée royale qui après deux jours de grande bataille est disloquée, massacrée, effondrée, anéantie. Désastre honteux, irréparable, pendant que le puissant roi franc s'enfuit comme un lièvre et n'osa plus de toute sa vie regarder en face Nominoë.

Ce qui est plus remarquable encore peut-être, c'est l'enchaînement logique des actes et des pensées, des desseins et des exploits de ce grand homme. On y reconnaît cette unité puissante et forte, caractère des génies de premier ordre. Ce qu'il a voulu dès l'abord, il l'a exécuté jusqu'à la fin, et de même il n'a rien exécuté qu'il n?ait voulu. Après Dieu le génie seul sait maîtriser à ce point les circonstances et plier ainsi les faits extérieurs à son vouloir. Il a voulu la Bretagne indépendante , il l'a faite indépendante. Il a voulu fonder sur une base solide et durable la royauté bretonne, il l'a fondée. Il a voulu fortifier d'abord et ensuite étendre les frontières de la Bretagne, de manière à écarter loin du coeur les coups des envahisseurs et à les repousser plus facilement, il y a réussi.

Et remarquons que cette triple oeuvre du Roi Nominoë a eu véritablement le privilège réservé aux créations des grands génies, la durée. La Bretagne aujourd'hui encore a (du moins elle avait en 89) les limites conquises par l'armée de Nominoë, l'indépendance de la Bretagne a duré et la royauté bretonne est demeurée sous le titre ducal jusqu'au jour où la Bretagne s'unit, sans y être absorbée, à la monarchie française, qui en échange de son indépendance abdiquée, respecta sa liberté jusqu'au bout*.La constitution ecclésiastique elle-même de nos diocèses, à part l'archevêché de Dol, est restée jusqu'à la révolution française ce que Nominoë l'avait faite.

Nominoë, Tad ar Vro, héros, grand homme, vainqueur de Ballon, grand chef de guerre, génie politique, créateur et fondateur de la Nation bretonne … les militants bretons que nous sommes, toujours debouts, toujours en lutte pour la reconnaissance des droits et libertés de la Bretagne, te saluons.

Sources : Histoire de la Bretagne (tome II) Arthur de la Borderie.

*NDLR : Nous ne partageons pas cette analyse et avons toujours dénoncé l'imposture de cette « union » mensongère, réalisée dans la contrainte, dans le sang et la violence, qui a asservie la Bretagne, conquis notre peuple par la force et la ruse.

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8 réponses à A LA GLOIRE DE NOMINO

  1. Adsav dit :

    Bevet nevenoë !

    Evit breizh dieub ha dizalc’h, stourmomp gant Adsav Strollad pobl vreizh !

  2. Au 2e millénaire av. J.C, les Celtes se sont répandus en Europe occidentale, où ils ont apporté leur savoir, tout en recueillant celui des Atlantes, dresseurs de mégalithes. Ils étaient détenteurs d’une révélation occidentale, pendant de la civilisation biblique.

    L’arrivée en occident du christianisme va rassembler les deux courants en une synthèse dont la croix celtique est le meilleur symbole. On la retrouve partout où les Druides ont laissé leur empreinte.

    Elle se compose schématiquement de trois cercles et de quatre branches.
    Les trois cercles (Keugant, Abred et Gwenwed) désignent les différents cheminements des âmes vers l’ascension suprême:

    Au commencement, les âmes errent dans le cercle du chaos (Keugant) où rien n’existe que Dieu, puis s’incarnent dans le cercle Abred, cercle de la vie terrestre, où elles doivent accomplir leur destinée. Si elles échouent, elles retournent dans le chaos ( Keugant) et attendent que Dieu leur permette de se réincarner à nouveau en Abred dans une autre vie et un autre corps pour enfin accéder au cercle final, Gwenwed. Là, elles jouiront de sa présence dans l’éternité. Gwenwed est le « lieu » affranchi du temps et du changement. Il est également le cinquième élément, l’éther, la lumière divine.

  3. Cyril dit :

    L’administration de Nominoë en Bretagne fut bénéfique : il imposa à tous son autorité, assura la paix et favorisa la colonisation bretonne de la région située entre la Vilaine et le golfe du Morbihan. A la mort de Louis Le Débonnaire (840), l’empire carolingien se disloqua : Lothaire conserva le titre d’empereur mais dut partager l’empire avec ses deux frères, Charles le Chauve et Louis Le Germanique. A Charles le Chauve échut la majeure partie de la Gaule sous le nom de Francie Occidentale à laquelle fut attribuée la suzeraineté sur la Bretagne.

  4. Le document initial est tiré des pages du site officiel d’Adsav sur l’histoire de Bretagne.

    Il y a entre autres un article très intéressant sur les croix celtiques.

  5. Les quatres branches et les quatre petits cercles de la croix représentent les quatre éléments, directions et qualités, sec, humide, chaud et froid.
    Les croix celtiques sont souvent ornées d’entrelacs.Ce sont des noeuds, symboles de vie, ainsi que des représentations du serpent, symbole de renaissance.
    Aujourd’hui, La croix fondamentale a été galvaudée. On la voit utilisée par toutes sortes de mouvements , dont beaucoup sont issus du stato-nationalisme héritier de la philosophie des « lumières », du gallicanisme, du rationalisme, du matérialisme biologique quand ce n’est pas tout simplement du hooliganisme. Leur philosophie cartesienne prônant la « raison latine » ou le jacobinisme néo-darwinien est à l’opposé de l’esprit celtique. A cause de ce détournement, beaucoup de gens aujourd’hui ne connaissent plus ni son origine ni sa signification, et ne l’associent qu’à l’extrémisme et au folklore douteux d’une poignée de marginaux.

    Il convient donc de rappeler que la croix celtique est un résumé de la cosmogonie celtique, un symbole celto-chrétien propre aux nations celtes et une expression de l’esprit de celles-ci. Elle ne ne peut en aucun cas appartenir à des groupes ou des individus n’ayant aucun lien, ni culturel ni national, avec la celtitude.

  6. war raok dit :

    Un nominoë pour repousser les anglais,l es français, et les normands hors de Bretagne, lol

    Encore un homme que l’histoire française veut qu’on oubli, c’est sûr le roi de Bretagne qui instaura une Bretagne indépendante, et qui remporta la victoire face aux armées françaises, ça n’est pas un bon souvenir pour la France.

  7. Nominoe dit :

    Nominoe, tad ar vro !

    Il nous faudrait un nouveau nominoe en 2008 pour retrouver notre indépendance !

  8. War Raok Diwan ;) dit :

    « Après Dieu le génie seul sait maîtriser à ce point les circonstances et plier ainsi les faits extérieurs à son vouloir. »
    Pa glever seurt sotonioù, implijet get tud evel c’hwi em eus mezh ag ur rann ag poblañs Breizh.
    Sellit kentoc’h dre an dazont, Europa h.a. N’eo ket mui en ur serriñ ar vro, ho rannvro e vo gwelaet Breizh. Da skouer : Catalonia. Amañ eh eus ur rannvro bev, pinvidik hag un dazont brav.
    Pa wellañ speredoù moan ha faskour èl ho kani e ta diñ c’hoant tec’hout du-se. Iskis, nann ?

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